(S)Aint - Marilyn Manson ♬

(S)Aint - Marilyn Manson ♬
___________________________Je marche dans la rue parmi tous ces gens sans me soucier d'appartenir à leur monde, car la seule chose que nous avons en commun, c'est encore peut-être l'endroit où nos posons nos pieds, car il n'y a plus aucun sol maintenant dans lequel puisse s'ancrer mon esprit.

& tandis que j'avance entre eux, souvent à contre sens, je me rends compte que je n'ai plus ma place ici, sous ce ciel sans lune ni étoiles, dans ces rues étroites & pavées aux couleurs ternes qui me rappellent ces instants que l'on aurait voulu emprisonner dans les vieilles photos.

Les ténèbres viennent oppresser mes pensées, les changeant en idées noires qui n'ont de cesse de copuler sans que je puisse rien y faire, & c'est sournoisement qu'elles s'emparent de moi, & de ce corps qui m'appartient & dont je ne sais que faire.

Bientôt je ne contrôle plus mes faits & gestes, et je deviens esclave de mon propre corps, ne vivant que pour accomplir ce qui avant me permettait de subsister & de m'affirmer entre tous, car c'est cette passion néfaste qui s'est emparée de moi & qui m'anime aujourd'hui, me poussant dans les retranchements de mon mutisme.

Cet isolement spirituel dans lequel je me suis plongée, pour ne plus avoir à subir la décomposition de mon âme, puisqu'ils n'avaient de cesse de me répéter que je n'étais qu'une pourriture.

& à ne plus vouloir écouter les autres, j'ai également ignoré les protestations de mon coeur qui me hurlait sans cesse de l'achever, & c'est hébétée, vide, & infiniment blessée que j'en ai ramassé les lambeaux par terre, à mes pieds un matin.

Car ce soir-là, les larmes n'ont plus suffi, ce visage aux traits révulsés par la douleur, cette bouche béante de laquelle s'échappaient de longues plaintes déchirantes, & des prières pour que tout cela prenne une fin, ce corps recroquevillé sur lui-même, à même le sol froid & dur que foulent chaque jour des milliers de gens, tout cela n'est pas parvenu à exprimer la souffrance qui m'a ravagée.

Mes épaules voûtées sous le poids du désespoir, & de cette haine envers moi-même, j'ai laissé pleurer mes veines pour moi, car elles ont su mieux que quiconque me libérer de ces sentiments qui me détruisaient de l'intérieur, & j'ai voulu me laver de pêchés dont je n'étais pas coupable sous ce flot de larmes vermeilles.

Aujourd'hui, je n'oublie rien, tout cela fait partie de moi, j'apprends à vivre avec, & si mes larmes ont coulé vers le sol, mon esprit, lui, se sent constamment attiré vers ce ciel sombre qui pèse lourdement sur ma tête, bien que ces intentions ne se soient pas envolées, & il ne se passe pas un jour sans que j'y pense, & c'est pour cela qu'aucun sol n'est assez compacte pour que j'y ancre mon esprit, puisqu'il se cherche à chaque seconde d'autres mondes dans lesquels il puisse naviguer pour s'échapper de ce qui le torture.

Lorsque le soleil s'est levé, le lendemain matin, sa lumière blafarde a éclairé un corps tremblant et scarifié qui n'avait plus la force de lutter contre le chagrin pour se tenir debout, & il restait encore par terre des traces de ce sang noir d'avoir jailli d'aussi profond, d'avoir coagulé pendant ce sommeil qui n'en était pas vraiment un, mais plutôt cet espèce d'état comateux qui avait cédé place à la folie.

& ce n'est pas parce qu'aujourd'hui, je porte à l'âme & au corps toutes ces immondes cicatrices que vous pouvez vous permettre de me juger, car c'est mon nom que j'ai signé ainsi dans le grand livre de la vie.

Cogito Ergo Sum.
Parfois je voudrais ne plus Etre pour cesser de Penser ...




Photos :

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Texte & photos de moi.

# Gepost op vrijdag 02 februari 2007, 05u30

Gewijzigd op donderdag 13 augustus 2009, 08u48